Souvenir.
Un misérable a un jour écrit un poème qui passa à l’histoire et devint le symbole de la fierté patriotique des militaristes occidentaux. En voici la traduction française.
“Au Champ d’honneur
Au champ d’honneur, les coquelicots
Sont parsemés de lot en lot
Auprès des croix; et dans l’espace
Les alouettes devenues lasses
Mêlent leurs chants au sifflement
Des obusiers.
Nous sommes morts
Nous qui songions la veille encor’
À nos parents, à nos amis,
C’est nous qui reposons ici
Au champ d’honneur.
À vous jeunes désabusés
À vous de porter l’oriflamme
Et de garder au fond de l’âme
Le goût de vivre en liberté.
Acceptez le défi, sinon
Les coquelicots se faneront
Au champ d’honneur.”
Voilà ce que j’y réponds:
Les baïonnettes
Au champ d’honneur, les pointes des baïonnettes
furent abandonnées ou plantées net
Dans le cul des généraux.
Les moineaux plus guères déconcertés
Gazouillent, sortent du milieu des roseaux
Parcourant la plaine désormais désertée.
Nous sommes vivants!
Nous qui songions il y a un an
À s’éclater mutuellement la gueule
Pour quelques tyrans, pour leur gloire seule.
C’est pourtant nous qui nous reposons ensemble ici
Sans plus de haine et de souci
À l’ombre paisible d’une retraite
Quasiment nus et la barbe pas faite.
À vous, jeunes insoumis
À vous de fraterniser avec l’ennemi
Et de garder au fond de la raison
Un dégoût profond des trop belles oraisons
Faites pour enrôler les classes indigentes
Ou leur accrocher au buste une fleur flambante.
Acceptez le défi, sinon
Les baïonnettes se redresseront
Et s’effondrera dans les coquelicots
L’espoir aux yeux bouffés par les corbeaux.
En passant, j’ai trouvé la version en téléséries web de Zohwor. Jetez-y un coup d’oeil: c’est hilarant tellement c’est poche.
http://www.heroesofthenorth.com